Les règles du savoir-vivre dans la société moderne

Les règles du savoir-vivre dans la société moderne

La genèse

Par Gisèle G. Holtzer

La pièce est une coproduction du Théâtre de la Roulotte et du Théâtre Granit. Co-accueillie avec l'Espace, elle a été représentée au Nouveau Théâtre de Besançon du 23 au 27 avril 1996, dans une mise en scène de Jean-Luc Lagarce. Avant d'être jouée à Besançon, la pièce a eu 38 représentations. Créée en 1994 à Belfort, au Théâtre Granit (4 représentations), elle a été notamment à l'affiche du Théâtre de l'Athénée à Paris du 8 janvier au 10 février 1996 (30 représentations).

Genèse de la pièce

Les Règles du savoir-vivre dans la société moderne, c'est au départ un texte signé Jean-Luc Lagarce1. Le thème (paradoxe apparent chez un auteur-metteur en scène dont le théâtre est perçu comme éloigné de préoccupations sociologiques et politiques) se place dans la continuité de questions sociales déjà explorées dans Les Serviteurs (1981), pièce qui parle des rapports de classe, et dans l'adaptation de J. Swift Instructions aux domestiques (1986). Dans cette dernière pièce, l'action se passe dans le sous-sol d'une maison de maîtres, une échelle servant de trait d'union entre « l'enfer » et les étages nobles, lieu de vie des maîtres dont « ceux d'en bas » perçoivent l'existence à travers les bruits du quotidien. « Le thème des domestiques avait toujours passionné Jean-Luc, explique Mireille Herbstmeyer, et il s'était dit qu'un jour il ferait un spectacle sur l'étage au-dessus »2. C'est bien de la société « d'en haut » qu'il est question dans les Règles, société mondaine dont l'ordre repose sur l'observation stricte du code (rituels, conventions), garant de son pouvoir et de sa reproduction.

A l'origine, le texte est une commande de Henri Taquet du Théâtre Granit qui souhaitait une pièce pouvant être jouée dans le cadre de la formule « théâtre en appartement ». Cette contrainte explique le choix d'un spectacle à personnage unique. Jean-Luc Lagarce, auteur du texte, en a assuré la mise en scène – ce qui n'était pas prévu au départ – sur le grand plateau du Théâtre Granit et dans une salle de 600 places, refusant, au nom du cérémoniel et du rituel théâtral (le théâtre a aussi ses codes), l'espace étroit de l'appartement.

Lire les autres chapitres de l'article :

Pouvoir et références temporelles

Un texte à deux voix

La représentation

Les Règles et l'espace de la représentation

Comme une horloge comtoise

Source : Revue Coulisses