Il appuie non pas là où cela fait forcément mal, mais où cela touche aux interstices de l’intime, des vécus, de nos sensibilités à travers la mémoire corporelle et psychique de ce que nous avons traversé, chacun, là où il en est de sa vie.
David Lescot ravi avec cette pièce en forme de comédie musicale parlée. Six comédiens complices célèbrent l’enfance, ses émerveillements et son cocon familial, avant que l’ado ne se cogne au monde et dynamite le programme parental.
L'Enfant unique est une comédie musicale, un slam parlé, un théâtre de la rime et du rythme. Car c'est le rythme qui décide du récit par une troupe composée autant de comédiens que de musiciens et chanteurs. Une fresque légère, haletante et mélancolique.
Le mythe de Faust revisité par le metteur en scène italien, Romeo Castellucci, dont le Bérénice avait défrayé la chronique : une réflexion profonde sur notre époque d’une prodigieuse inventivité .
Comment ne pas succomber à la beauté scénique, plastique, dramatique de la dernière création de David Lescot ?
Puisant dans le bruit des mots et les ressorts du théâtre musical, cette nouvelle pièce, parle donc d’enfance, mais surtout des stratagèmes plus ou moins réussis des parents pour la protéger de tout, y compris d’elle-même. Un petit bijou où réalisme et poésie se confondent jusqu’à ne former qu’un.
Gurshad Shaheman fait du drag avec des références qui lui sont proches : les cantatrices de la pop iranienne, celles qui seront condamnées au silence après la révolution de 1979. La nostalgie d’une nation iranienne festive et créative.
L’Enfant unique, une partition théâtrale pleine de fantaisie, où les mots jouent leur musique et l’enfance cherche sa voie/voix. Une création originale, pleine de charme.
Yukio Mishima a écrit une pièce où, autour de madame de Sade, tous les personnages sont des femmes. Stanislas Nordey en profit pour magnifier une pléiade d’actrices. Belle pièce, belle envolée scénique, encore une soirée divine.
Avec élégance, Alain Françon éclaire les zones d’ombre de la comédie de Beaumarchais. Dans une pièce plus profonde qu’il n’y paraît, servie par une exceptionnelle troupe d’acteurs.
Stanislas Nordey met en scène six femmes dans la diversité de leurs réactions face aux exactions du sulfureux marquis. Une pièce méconnue qui met en lumière toute la complexité de la psyché humaine.
Romeo Castellucci met en scène un Faust vieillissant, au crépuscule du savoir et de l’existence. Avec ce dernier opus, il sonde les ténèbres du mythe faustien pour un théâtre qui donne à voir ce que les mots ne sauraient saisir.
Retour en terre d’enfance pour David Lescot qui invente une comédie musicale parlée où les mots tressent des lignes mélodiques et des motifs rythmiques qui battent le tempo de la vie.
Reprenant une pièce rare de Yukio Mishima, “Madame de Sade”, Stanislas Nordey orchestre les affres de six femmes confrontées aux vices du divin marquis. Un spectacle cruel en forme de divine surprise.
Dans un ballet de pensées et d’élans intimes, les acteurs éclairent la beauté dense de cette dialectique théâtrale sur les normes et la transgression.
On découvre qu’en pleine période d’une recrudescence du masculinisme, ces deux artistes se sont construits dans l’écho des clichés d’une société et de ses réflexes patriarcaux, machos même.
Il s’inspire de la légende germanique mais refuse d’adapter Goethe. Il en tire une performance obscure qu’il imagine, entre silences et visions, comme une plongée en eaux troubles avant le pacte avec Méphistophélès.
Un spectacle mené à la frontière du théâtre et du chant, qui joue de manière inventive avec la musicalité du langage et questionne avec humour et acuité de quelle manière nous laissons grandir nos enfants.
Le metteur en scène italien explore les prémices du mythe de Goethe et déplie, au long d’une traversée mentale et plastique plus intrigante que proprement magnétique, un monde en pleine crise du langage.
Dans une mise en scène rythmée comme une partition de Mozart, le metteur en scène Alain Françon insuffle à ce chef-d’œuvre de Beaumarchais une énergie folle, fantaisiste et philosophique à la fois. Un bonheur.