Le dernier-né du roi Romeo arrive enfin à Paris pour une ouverture jusqu’au fin fond de l’enfer autour de la notion du geste primitif, en l’occurrence celui de Faust juste avant le pacte, ou bien de Castellucci avant Castellucci, allez savoir.
Ses spectacles éblouissent autant qu’ils sidèrent, et tous questionnent le mal. Cet artiste total s’empare du mythe de Faust pour sa nouvelle création, présentée à l’Odéon dans le cadre du Festival d’automne.
Le metteur en scène italien explore les prémices du mythe de Goethe et déplie, au long d’une traversée mentale et plastique plus intrigante que proprement magnétique, un monde en pleine crise du langage.
L’artiste résume à l’os la parole du héros de Goethe et s’arme d’un humour pince-sans-rire pour épingler notre siècle où l’obscurantisme règne en maître.
Mêlant science-fiction politique et intimité d'une relation père-fille, "La Distance" de Tiago Rodrigues est un spectacle intense et généreux malgré le sujet lourd de sa trame de fond - la crise écologique. Une réussite à découvrir aux Célestins.
En 2006, elle fonde avec l’auteur et metteur en scène Lazare la compagnie Vita Nova et participe à la quasi-totalité de ses pièces (et films), dont, L’Avenir des reflets
Considérer comme des délits les violences sexistes est une avancée sociale relativement récente mais pas toujours simple à gérer au regard de la loi et du droit.
Dans son seul en scène Celle qui doute, Isabelle Lafon fait du tremblement, de l’incertitude qu’elle cultive depuis toujours dans son théâtre un espace de liberté où se rencontrent trois femmes. Trois manières d’habiter le monde.
Lazare reprend ses personnages Ouria et Libellule, reflets de sa mère et de lui-même. Mon actrice(s) principale(s) revient sur quasiment vingt ans d’écriture, condensant la trilogie théâtrale qu’il a initiée en 2009.
Un portrait de Nina Simone du ressort de l’intime. Il croise évocation biographique, charge émotionnelle et ressentis personnels dans une démarche où raconter et se raconter forment les deux faces d’une même médaille.
L’Enfant unique raconte le parcours d’une famille, de la rencontre des parents en passant par la naissance de leur fille, ainsi que leur quotidien à mesure où celle-ci grandit. Entre joies simples et maux de notre temps : pollution, maladie, précarité financière, santé mentale…
Il appuie non pas là où cela fait forcément mal, mais où cela touche aux interstices de l’intime, des vécus, de nos sensibilités à travers la mémoire corporelle et psychique de ce que nous avons traversé, chacun, là où il en est de sa vie.
David Lescot ravi avec cette pièce en forme de comédie musicale parlée. Six comédiens complices célèbrent l’enfance, ses émerveillements et son cocon familial, avant que l’ado ne se cogne au monde et dynamite le programme parental.
L'Enfant unique est une comédie musicale, un slam parlé, un théâtre de la rime et du rythme. Car c'est le rythme qui décide du récit par une troupe composée autant de comédiens que de musiciens et chanteurs. Une fresque légère, haletante et mélancolique.
Le mythe de Faust revisité par le metteur en scène italien, Romeo Castellucci, dont le Bérénice avait défrayé la chronique : une réflexion profonde sur notre époque d’une prodigieuse inventivité .
Comment ne pas succomber à la beauté scénique, plastique, dramatique de la dernière création de David Lescot ?
Puisant dans le bruit des mots et les ressorts du théâtre musical, cette nouvelle pièce, parle donc d’enfance, mais surtout des stratagèmes plus ou moins réussis des parents pour la protéger de tout, y compris d’elle-même. Un petit bijou où réalisme et poésie se confondent jusqu’à ne former qu’un.
Gurshad Shaheman fait du drag avec des références qui lui sont proches : les cantatrices de la pop iranienne, celles qui seront condamnées au silence après la révolution de 1979. La nostalgie d’une nation iranienne festive et créative.
L’Enfant unique, une partition théâtrale pleine de fantaisie, où les mots jouent leur musique et l’enfance cherche sa voie/voix. Une création originale, pleine de charme.
Yukio Mishima a écrit une pièce où, autour de madame de Sade, tous les personnages sont des femmes. Stanislas Nordey en profit pour magnifier une pléiade d’actrices. Belle pièce, belle envolée scénique, encore une soirée divine.