Face aux critiques, Liddell ne s’est pas engagée dans une réponse détaillée point par point, mais elle a réaffirmé, dans des entretiens récents, sa conception du théâtre comme lieu d’expérience radicale.
Les voix d’hommes et de femmes qui, à 80 ans passés, n’ont pas leur langue dans la poche. Une histoire de gens ordinaires, extraordinaires.
D’Une chose vraie, co-écrit et mis en scène par Romain Gneouchev, on se souviendra du corps d’Ysanis Padonou, qui se crispe lentement au rythme de sa voix, douloureuse, s’amenuisant jusqu’à devenir quasi inaudible.
Dans le premier volet de sa “Trilogie des funérailles”, l’autrice-metteuse en scène-performeuse flirte sans cesse avec l’innommable et l’indicible.
Bouleversant, c’est le mot auquel on songe lorsqu’après avoir montré – montré pas mimé – le geste des bras que fait son fils autiste Otis quand il danse, ce geste qu’un éducateur a feint – pas dupe – de prendre pour un coup afin de le frapper à deux reprises,...
Perchée sur un trapèze, Emma se raconte : son lien à Charles, la nouvelle maison et la vie rapidement routinière, bientôt son mépris pour lui.
Angélica Liddell a révolutionné les arts de la scène avec ses spectacles sacrificiels, mêlant monologues exaltés, gestes épiques et images hallucinées. Rencontre avec une artiste hors norme actuellement à l'affiche à Paris,
Vudú (3318) Blixen est né d’une trahison amoureuse subie de plein fouet par sa conceptrice Angélica Liddell, poussée ainsi à envisager le spectacle sous l’existence de la mort.
Angélica Liddell livre, en cinq tableaux au chromatisme intense, une dense mala canso féminine, où les mots, chargés comme des pistolets, lient amour, écriture et violence.
Elle soigne le paysage : vaste tulle bleu, bouquets d’œillets blancs puis rouges, canards dont on arrache la tête, blanc cercueil d’enfant, couple de vieux en fin de vie, myriades de jeunes servantes nues et masquées... la camarde est comme la basse continue de cette dramaturgie époustouflante.
Elle célèbre avec lui ses noces en enfer, et comme « l’enfer c’est les autres » lui jette à la figure tous les reproches accumulés, dans une grande violence.
Christophe Honoré, s’attache à retrouver une Madame Bovary dans le monde atemporel du cirque, de ses traditions à la fois glamour et ironiques, entre airs populaires des seventies ou eighties - Gérard Manset et autres.
Non pas une, ni deux, mais trois ! La pièce "Hécube, pas Hécube" du dramaturge portugais Tiago Rodrigues est nommée dans trois catégories pour la prochaine cérémonie des Molières.
A l’instar de Karen Blixen qui transforma le désastre de sa vie en littérature, l’Espagnole Angélica Liddell pactise avec le diable et se livre à une performance de 5h30 où on la voit en animal blessé, sur les ruines de son amour perdu.
C’est sous les auspices de Karen Blixen, à qui l’on prête un pacte avec le diable — en échange d’une vie romanesque et du don de l’écriture pour la raconter — qu’elle invoque les ténèbres afin d’ourdir sa vengeance de femme trahie par l’homme qu’elle aimait.
Lorsque Christophe Honoré adapte “Madame Bovary” au théâtre, il convoque le cinéma, de Claude Chabrol à Max Ophuls. En faisant transiter Madame Bovary de sa forme de roman à celle de pièce de théâtre, on se doutait bien que Christophe Honoré opérerait un détour par le cinéma.
Fabienne Lemahieu salue l’adaptation de Christophe Honoré de la « Madame Bovary » de Gustave Flaubert. Du XIXe au XXIe siècle, la force de l’œuvre est intacte et sa relecture puissante.
Sur les décombres d’un amour anéanti, la performeuse espagnole donne une messe noire afin d’extirper sa haine et la sublimer par une écriture admirable qui déflore notre bonne conscience.
Luc Lagarce, raconte la maladie, les soins, mais aussi les contrastes : être immobile mais intellectuellement lucide, cloué au lit mais dans un ballet incessant de soignants.
Une histoire volée au réel pour l’amener au mythe et la purifier. La haine aide à résister, dit Marguerite Duras, mais on ne peut se permettre de se venger que dans la « représentation », en abusant du pouvoir de la poésie à travers la forme tragique. »