Écrits sur le théâtre

Antonin Artaud

Écrits sur le théâtre

Textes réunis et présentés par Monique Borie


La fécondité véritable d’Artaud est celle d’un discours qui porte en lui la force d’une pensée sur le théâtre visant à briser les frontières de ce qui est. Comme le rappelait Grotowski : « Artaud est un poète du théâtre, c’est-à-dire un poète des possibilités ».

C’est cette ouverture des possibles qu’il faut chercher dans les textes d’Artaud, en n’oubliant pas de se rappeler sa vision de la force des mots, habités par une énergie capable de rejoindre la force des gestes. De cette fusion de moyens d’expression chargés de force naîtra, pour le théâtre, un pouvoir d’efficacité comparable à une authentique action magique. Une efficacité capable d’atteindre le spectateur dans son esprit mais aussi dans son corps. Peut-être pourrait-il en être ainsi pour certains lecteurs …

La beauté mais aussi la difficulté des textes d’Artaud vient aussi de l’importance de leur dimension poétique, de l’énergie d’une parole qui s’avance par métaphores et se charge de visions. Mais de visions dessinant pour le théâtre un horizon limite vers lequel se diriger, traçant ainsi un chemin vers la quête de réponses concrètes. En effet la pensée du théâtre qu’il propose n’en porte pas moins en elle, dans sa radicalité, l’ouverture aux enjeux concrets de la mise en scène dans son travail sur le langage, sur l’espace, sur le jeu de l’acteur, sur la relation au spectateur. Artaud n’ignore rien de la matérialité scénique, mais il la charge d’une signification qui doit dépasser cette simple matérialité.

Les textes d’Artaud tracent le chemin vers un modèle rituel que les grandes expériences des années soixante ( Brook, Grotowski, le Living theatre, Barba) se sont réapproprié et qui habite encore certaines expériences contemporaines comme celle de Romeo Castellucci.

 

Antonin Artaud :

Antonin Artaud (1896-1948) a commencé par être acteur chez les pionniers de l’avant-garde française. Il se fait remarquer dans le rôle de Marat dans le film Napoléon d’Abel Gance. De 1927 à 1930, il anime le Théâtre Alfred Jarry. En 1931, il découvre le Théâtre Balinais et lui consacre un texte réputé où il a l’intuition du théâtre-danse. Il publie en 1938 Le Théâtre et son double qui deviendra dans les années soixante la référence principale des metteurs en scène comme Peter Brook, Jerzy Grotowski, Eugenio Barba, Judith Malina. Artaud est le précurseur du nouveau théâtre qui émerge et lui fournit les arguments théoriques et poétiques. Ses textes servent aujourd’hui encore de référence et d’impulsion aux jeunes générations qui y puisent la confiance dans les pouvoirs du théâtre de fournir des événements hors-pair, uniques et radicaux.

 

Monique Borie : 

Monique Borie, professeur émérite à l’Institut d’études théâtrales de la Sorbonne Nouvelle , a consacré la plus grande partie de ses recherches et de ses enseignements aux rapports entre l’anthropologie et le théâtre. Elle a publié notamment trois livres où l’outil anthropologique sert d’appui pour poser et développer les problèmes du théâtre : Mythe et théâtre aujourd’hui : une quête impossible ? (éd. Nizet), Antonin Artaud : le théâtre et le retour aux sources (éd. Gallimard), Le Fantôme ou le théâtre qui doute (éd. Actes Sud).

Elle a écrit également un important nombre d’études sur les grandes expériences des années soixante concernant en particulier Jerzy Grotowski, le Living theatre, Eugenio Barba ou Peter Brook. Récemment elle a consacré une étude au Théâtre de Maurice Maeterlinck (éd. Ides et calendes) et un essai consacré aux relations théâtre/sculpture : Corps de chair, corps de pierre (éd. Deuxième époque).

 

 

14,00 € TTC

  • ISBN : 978-2-84681-627-4
  • Date de parution : 11-02-2021
  • Nombre de pages : 128 pages
  • Collection : Du Désavantage du vent