Les égarements du cœur et de l'esprit

Crébillon fils, Jean-Luc Lagarce

Les égarements du cœur et de l'esprit

Adaptation de Jean-Luc Lagarce
Préface de Patrice Béghain

C'est une pièce avec un homme, une femme et un sofa... C'est l'histoire de la rencontre de cette femme et de cet homme, du dialogue qui naît entre eux, c'est l'histoire de ce dialogue également...
L'homme, quant à lui, est extrêmement jeune, ne connaissant rien de la vie en général, des femmes en particulier, de celle-là en face de lui, tout précisément. C'est un jeune homme qui fait son entrée dans le monde, un jeune homme « qui n'est jamais sorti », inquiet bien évidemment de n'être donc nulle part, ni dehors ni dedans, dans l'embrasure d'une porte, ouverte ou fermée...
La femme pour sa part, est à peine plus âgée que lui, plus « grande », disent les enfants, connaissant plus de choses, ayant déjà joué la pièce peut-être, « ayant déjà vécu », disent les adultes.
Le sofa, au centre, le sofa vieilli. Nous dirions qu'il en a vu d'autres, souffert, subi d'autres... (C'est aussi, encore, un ouvrage du même auteur, une autre histoire.)
L'homme cherche à rattraper le temps perdu, connaître ce qu'il ignore, savoir ce que la femme sait de plus que lui. Elle, la femme, cherche à conserver son avantage, ne rien céder. C'est l'histoire d'un cours de rattrapage, « cours du soir », de cette stratégie militaire pour faire dire ce qu'on ignore, pour taire ce qu'on ne veut pas révéler. (Que restera-t-il d'elle lorsqu'elle aura tout dit ?)
C'est l'histoire d'une éducation, d'un léger vieillissement, à peine, imperceptible, d'une toute première histoire d'amour. Cela se passe au siècle des Lumières.

Jean-Luc Lagarce, Précisions

Extrait de presse :

«L'amour vu par Crébillon fils
La croyance en la vertu de la sexualité libre, et libératrice et joyeuse, a fait son temps. La chair est angoissée sinon triste, les états d'âme sont de retour. On écoute attentivement les battements de cœur, les pulsations nerveuses qui, dans le cerveau déclenchent les phénomènes du désir, de la jalousie, de l'insatisfaction. On écoute et on veut savoir, on se tourne vers le siècle des Lumières, celui de la libre pensées, du septicisme sophistiqué dans la rhétorique amoureuse (...) Le vocabulaire emprunte beaucoup à celui de la guerre. Guerre de mots feutrés et de mouvements d'humeur qui bloquent les élans passionnels. Mais la passion reste en arrière-plan, menaçant, balisant le chemin tortueux où Elle et Lui jouent à cache-cache. Une parole de trop, un pas de côté, et les voilà atteints. On pourrait se croire dans un film d'Eric Rohmer, avec quand même quelque chose de plus âpre, une ironie facilitée par la distance d'une écriture très datée. Les comédiens (Mireille Herbstmeyer et François Berreur) manient la préciosité et l'imparfait du subjonctif comme le dernier cri d'un langage branché, avec juste la minime hésitation indiquant qu'on n'est pas dupe.»
Colette Godard, Le Monde, 28 décembre 1984.

8,00 € TTC

  • ISBN : 978-2-84681-167-5
  • Date de parution : 05-05-2007
  • Nombre de pages : 64 pages
  • Collection : Adaptations théâtrales