Mariage au goût d’orange
Mariage au goût d’orange, son nouveau long-métrage, présenté dans la section Cannes première, en est une déclinaison naturaliste du Ciel de Nantes, mâtinée de quelques touches de fantastique. En salle le 18 novembre 2026.
Présentation
La fratrie Puig comprend sept enfants. Et c’est aujourd’hui qu’on marie le petit dernier : Jacques. Nous sommes en mars 1978 dans les faubourgs de Nantes. Le père n’assiste pas aux noces, il a été banni de la famille. Les frères et les sœurs eux sont tous là, heureux de se retrouver. Jacques va épouser Martine. Entre eux deux, c’est un mariage d’amour. Mais est-ce que l’amour peut sauver des blessures de l’enfance ?
Dans la presse
En 2021, Christophe Honoré mettait en scène au théâtre Le Ciel de Nantes. Dans la pièce, un acteur, alter ego du metteur en scène, revisitait les fantômes de sa famille maternelle autour d’Odette, la « mémé », qui avait eu deux époux et dix enfants − Roger, Marie-Do, Claudie, Jacques… − dont huit avec Puig, un homme brutal qu’elle a fini par quitter. Ceux-ci s’incarnaient soudain dans un décor de salle de cinéma pour revisiter un passé hanté par une série de violences intimes et sociales. Une recherche du temps perdu empreinte d’humour et de fantaisie pour contrebalancer la gravité du propos.
Mariage au goût d’orange, son nouveau long-métrage, présenté dans la section Cannes première, en est une déclinaison naturaliste, mâtinée de quelques touches de fantastique. La troupe a changé, mais les personnages sont tous là (...)
Note de Christophe Honoré
« Ce film, j’ai l’impression de le connaître depuis toujours. Comme un ami de longue date dont le visage et la voix me seraient familiers. Avant même de le tourner, il était déjà là, diffus dans chaque livre que j’ai écrit, chaque film que j’ai fait. Je n’ai pas le sentiment de l’avoir réalisé, mais plutôt de l’avoir révélé, d’être allé à sa rencontre. Il s’est présenté à moi comme un portrait collectif, multiple, composé d’existences entremêlées. Celles d’hommes et de femmes qui se tiennent à distance de leurs propres émotions, qui refusent toute forme de sentimentalité. Et pourtant, seuls les sentiments leur importent : ils sont sans cesse traversés, parfois débordés, comme contaminés par eux. C’est leur bien commun, leur héritage.
Mon film cherche à capter cette circulation invisible. Les émotions passent d’un être à l’autre, se déplacent, se transforment, relient autant qu’elles fissurent. De ce mouvement naît peu à peu non pas une histoire, mais une forme presque emblématique, comme un blason vivant. Il y a déjà vingt ans, j’avais inventé pour la famille de Dans Paris une devise un peu crâneuse : « Prends la peine d’ignorer la tristesse des tiens ». Aujourd’hui, j’ai le sentiment d’échapper à cette devise. »
Source : Dossier de presse