Un qui veut traverser (suivi de) Le Parlement des forêts

Un qui veut traverser (suivi de) Le Parlement des forêts
Image du spectacle

Un qui veut traverser

Marc-Emmanuel Soriano, Roxane Palazzotto

Cela commence « presque » comme un conte : il était une fois, un homme qui voulait traverser la mer... Raconté par un comédien, UN QUI VEUT TRAVERSER interroge notre rapport à l'étranger. Cet autre rendu trop souvent anonyme par les médias trouve ici un visage. Par son interprétation à la frontière de l'incarnation, Tonin Palazzotto nous emmène avec lui sur la route de ceux et celles qui quittent leurs pays dans l'espoir d'une vie meilleure ailleurs. Sans n'être jamais voyeur, sans usage gratuit de la violence et sans misérabilisme, mais avec pudeur et dignité ce spectacle se veut ambassadeur d'un des principes constitutifs de notre république : La fraternité. À l'heure où des idéologies malsaines deviennent politiquement acceptables, nous pensons qu'il est urgent d'œuvrer à la connaissance, de faire reculer la peur, de travailler à l'édification du nous.

Note d'intention

Autant le dire tout de suite, l’urgence pour moi de donner une voix à ce texte fut si grande qu’une forme dite « tout terrain » du spectacle existe déjà.

Comme beaucoup, depuis la guerre en Syrie, je suis totalement désemparée et bouleversée par cette catastrophe humanitaire, désignée dans les médias par les termes « crise migratoire ». Je ne m’étendrai pas ici sur ce que recouvre le mot « catastrophe », car chacun sait, même de loin, qu’il s’agit de solitude, de souffrances physiques et psychologiques, de rejet, de racisme, de séparations, de déracinement, de douleurs, de misère, de violence, de traumatismes…

Comment supporter cette réalité ?
Comment venir en aide ?

Voici les questions avec lesquelles je me démène.
Et puis arrive ce texte de Marc-Emmanuel Soriano que Tonin Palazzotto (maintenant comédien du spectacle) me fait entendre.
Il me lit d’une traite ce grand monologue et l’émotion qui m’envahit est… cathartique… oui, je pleure, et je pleure et en même temps, il y a dans ma douleur quelque chose de doux et de lumineux, quelque chose qui, oui, alors que tout est désespéré donne espoir. Comme une caresse.

Cette caresse, ce sont la puissance et la dignité rendues aux protagonistes de ce texte révélées grâce à la poésie ; c ’est la certitude que l’être humain, même au fond de l’enfer est capable, certes du pire, mais aussi, et c’est cela qui est bouleversant, du meilleur ; c’est savoir qu’au cœur des ténèbres les plus désespérés, l’espoir en chacun est capable de tout renverser. De tout traverser !

Maintenant, à moi, à nous, de ce côté de la mer méditerranée, d’être à la hauteur, à la hauteur de ce geste du dernier espoir, de cette folle traversée d’espérance et d’accueillir. Accueillir, simplement.

La force de ce texte réside pour moi dans le fait qu’il donne enfin un visage à celles et ceux qui traversent, nous rendant ainsi nos frères et sœurs en humanité tout en nous restituant, à nous occidentaux, notre capacité d’action et notre droit aux larmes.
Voilà pourquoi chaque représentation est suivie d’un échange avec une association locale d’aide aux migrants.
La forme dite « tout terrain » m’a permis de présenter ce sujet auprès des jeunes, dans les lycées, ce qui est très important pour moi, ainsi que pour les associations, les médiathèques ou lors de commémorations pour un coût modeste, sans attendre de monter une production plus complète.
Néanmoins, j’aimerais pouvoir aller au bout de mon geste artistique en montant une version dite « salle » qui permettrait de développer toute la puissance de ce texte.

Porter plus loin le regard, ouvrir au-dessus le ciel, construire des paysages lumineux et sonores évocateurs comme une cartographie émotionnelle mouvante, déployer la force incantatoire de la parole, autant de moyens de révéler la puissance et la beauté à couper le souffle, tant littéraire que visuelle, de ce cri composé par Marc-Emmanuel Soriano.
Au bout d’un long et mince ponton entouré de sable noir, comme un chemin s’ouvrant vers l’ailleurs, vers l’inconnu, vers l’espoir, celui qui veut traverser se tient debout et parle. Tendu vers l’horizon, le regard fixé sur sa destinée, il est la voix de ceux qui traversent, de ceux qui cherchent, peu importe le prix, à partir.

La voix de ceux qui se perdent, de ceux qui meurent, de ceux qui parviennent « debout, mats de chairs et d’os plantés, drapeaux flottant de leur victoire, sur le sol conquis, arrachés à la mort d’une terre étrangère », de ceux qui vivent.

Roxane Palazzotto

Source : Dossier artistique de la Compagnie D’Amour Emporté

Critiques

  • Le Bien Public
    par Rédaction

    "Un qui veut traverser", un spectacle salue l’empathie et la fraternité

    Un qui veut traverser donne corps et humanité aux immigrés clandestins qui risquent leur vie pour rejoindre l’Europe depuis l’Afrique. Dakar en l’occurrence concernant ce récit. Adapté du livre éponyme de l‘écrivain Marc-Emmanuel Soriano

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Événements

  • Bord plateau - Un qui veut traverser

    Bord plateau - Un qui veut traverser

    Le TDB vous propose une rencontre avec Marc-Emmanuel Soriano, auteur de Un qui veut traverser après la représentation 

    Dijon, TDB (Salle Jacques Fornier) le jeudi 15 octobre

Calendrier des représentations

Théâtre Dijon Bourgogne [TDB] | Dijon

mar.13oct. 2026
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ven.16oct. 2026

Pôle Culturel Chabran | Draguignan

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    18 sept. > 22 sept. 2024
  • Pôle Arts de la Scène - Friche la Belle de Mai | Marseille
    10 avr. 2026