À la carabine (suivi de) Cheveux d’été

Pauline Peyrade

À la carabine (suivi de) Cheveux d’été

À la carabine : Le point de départ de l’écriture, c’est l’histoire d’une enfant de onze ans qu’un tribunal français a reconnue consentante à son propre viol. Cette enfant devenue jeune femme, l’écriture l’invite à se faire justice elle-même. La pièce met en scène la jeune fille et son agresseur, un ami de son frère, dans une situation qui dérape, qui n’est pas préméditée, mais dont l’agresseur demeure responsable, pour ne pas dire coupable.

Ce n’est pas une réparation. Ce n’est pas une résilience. Parce qu’il y a des points de non-retour, des intolérables. Parce qu’à la violence extrême ne répond pas l’espoir, ni la compassion, ni la compréhension. Parce que l’Histoire a canonisé Martin Luther King et diabolisé Malcom X, alors que l’un n’aurait pas pu se faire entendre sans l’autre. Parce qu’on exhorte les soumis·e·s à la non-violence, au silence, à l’humour, à la patience, afin d’éviter que les forces ne se renversent. Parce que les femmes qui usent de la violence deviennent aussitôt des monstres. Parce qu’à la violence répond la violence, implacable, furieuse.

Personnages : deux femmes  

 

Cheveux d’été : Au départ de l’écriture, il y a le genou de ce flic blanc sur la nuque de George Floyd, il y a les mots de George Floyd, il y a sa suffocation. Il y a le désir d’inverser les rôles, de mettre un homme blanc à terre, de lui tordre le cou. Au départ de l’écriture, il y a aussi les mots des hommes hétérosexuels blancs, leurs difficultés à composer avec de nouvelles identités, avec les féminismes et les bouleversements profonds, intimes et politiques, que ces luttes engendrent. Il y a le souvenir des mots de Ta-Nehisi Coates sur les corps noirs en Amérique et les résonances possibles entre l’histoire de ces corps et l’histoire des corps des femmes dans les sociétés occidentales.

Personnage  : monologue 


Deux textes sur la nécessité de se faire justice soi-même, de reprendre possession de sa voix et de son corps, de ne pas se laisser détruire par la violence subie. Se défendre au point d’être indéfendable, c’est parfois le prix à payer pour ne pas se briser.

 

Pauline Peyrade est auteure, metteuse en scène et, depuis 2019, coresponsable du département Écrivain·e·s-Dramaturges de l’ENSATT. Après des études de littérature (khâgne, lycée Henri-IV), elle fait un master de mise en scène à la Royal Academy of Dramatic Art (Londres). Parmi ses textes, 0615 a été mis en ondes sur France Culture (finaliste du Prix Italia 2017) ; Ctrl-X mis en scène par Cyril Teste en 2016 et finaliste du Prix Bernard-Marie Koltès en 2017 ; Bois Impériaux créé par le Collectif Das Plateau en 2018. En 2015, elle présente un Sujet à Vif au Festival d’Avignon avec la circassienne Justine Berthillot et fonde avec elle la #CiE. Elles créent le texte Poings en 2018 et Carrosse en 2019. Poings a été finaliste du Grand Prix de Littérature Artcena 2018 et lauréat du Prix Bernard-Marie Koltès 2019.

Ses textes sont traduits en anglais, allemand, espagnol, portugais, catalan, italien, tchèque. Ils sont publiés aux Solitaires Intempestifs.

 

 

En scène  :

À la carabine : 

Ce texte a été créé dans le cadre de Éducation & Proximité, un programme national de cohésion sociale par l’éducation artistique et culturelle, initié par La Colline et développé en partenariat avec le Théâtre national de Strasbourg et La Comédie de Reims.

Le spectacle sera en tournée au cours de la saison 2020-2021.

 


 

Aide(s) à la publication

Ouvrage publié avec le concours du Centre National du Livre.

13,00 € TTC

  • ISBN : 978-2-84681-613-7
  • Date de parution : 08-10-2020
  • Nombre de pages : 80 pages
  • Collection : Bleue