Une vie

Une vie
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Une vie

Pascal Rambert

L’invité est un artiste de renommée internationale et dont le style confine au figuratif. Les échanges avec l’interviewer libèrent la pensée, acceptent les silences. Cette rencontre est une remontée aux sources de la création, mais aussi de la vie de l’invité et des figures récurrentes de son œuvre, visages, jouissance, fleurs aux mille noms... Les personnes qu’il évoque prennent chair et dialoguent avec lui : la mère envahissante aujourd’hui défunte, le frère haï et haïssant, le premier amour femme-maîtresse peinte cent fois, l’enfant qu’il était ou encore le Diable, son meilleur ami...
En neuf tableaux, cette tentative de recomposer une vie est aussi une sublimation de la langue, que Pascal Rambert défend en privilégiant toujours une relation intime avec ceux qui l’incarnent : « je n’écris pas sur la vie privée des acteurs, j’écris pour leur voix, leur corps, leur énergie, précise-t-il, ce sont des êtres humains, pas des personnages de papier ». En prise directe avec le concret, ce théâtre nous assure de sa force en développant une plasticité du temps, une porosité entre l’art et la vie.

C'est de là que naissent les pièces

Enfant on rêve. On se laisse enfermer au Louvre la nuit. Ou dans un magasin de jouets. On a tout devant soi. L’imaginaire se tient debout. Il est à nous. On jouera toute la nuit. Ce sera bien. Ce sera la vie. Plus tard on rêve. On se laisse enfermer dans la Comédie-Française. Tous les acteurs et toutes les actrices sont là la nuit. C’est bien. C’est fantastique. C’est comme ça que les choses naissent : dans le rêve absolu et récurrent où l’on offre son imaginaire à la nuit et à toutes les actrices et à tous les acteurs de la Comédie-Française. C’est un acte d’amour de nuit. On les veut tous. On est dans le magasin de jouets absolu. On les veut. On veut jouer avec eux. On les veut pour Noël. Jour de l’an. On les veut tous les jours. On voudrait les toucher. Dormir contre eux. Les écouter dire des textes sans cesse. Ne jamais s’arrêter. On les veut. On veut écrire pour chacun. On voudrait écrire pour tous. Leur mettre des mots dans la bouche encore et encore. Ne jamais s’endormir. Écouter. Les faire jouer. Les faire jouer. C’est de là que naissent les pièces. Des acteurs. De ce rêve nocturne que l’on fait chaque soir avant de tomber de fatigue. On s’endort avec ces voix. On dort avec ces corps. On réécrit avec eux dans notre sommeil. On se donne rendez-vous dans notre sommeil. C’est fantastique. C’est fantastique. On n’arrête jamais. On recommence. C’est l’amour absolu de l’art du théâtre avec eux. On veut. On les veut tous. C’est comme ça que Une vie est née. En les voulant tous. En allant les voir tous. En s’asseyant et en ressentant l’émerveillement. Dans les bouches et les corps. J’ai arrêté mon enfermement dans la Comédie-Française la nuit sur six. Dans ma caverne. Dans mon magasin de jouets infini. C’est de cet endroit que naissent les pièces : la nuit. Le soir. Assis face à eux. À Richelieu. Au Vieux-Colombier. Au Studio-Théâtre. Face à eux. Plein d’amour. Les acteurs doivent être aimés. C’est de là que naissent les pièces. C’est de là qu’est née Une vie. Rester la nuit enfermés. Ensemble. À plusieurs. Et voir le temps face à soi. Notre vie. Face à soi.


Pascal Rambert, avril 2017

Podcasts

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    par Fictions / Théâtre et Cie

    En neuf tableaux

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    par L'humeur vagabonde

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Critiques

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  • France Info
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  • Télérama
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    A la Comédie française, seul Denis Podalydès impose son rythme, ses silences, son regard. Surtout fascinant… lorsqu’il se tait.

  • Le club Mediapart
    par Dashiell Donello

    «Une vie» de Pascal Rambert, pour dévorer du visage

    Une vie, la dernière pièce de Pascal Rambert, a été spécialement écrite pour six acteurs de la Comédie Française. Nous avons lu pour vous ce texte en 9 tableaux ; à la recherche de l’amour et du sens de la vie.

  • Webtheatre
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    Déchiffrer l’essence de la création

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    Au Français, Pascal Rambert peint l’art et la vie

    Pascal Rambert signe un texte et une mise en scène parfois trop démonstratifs mais il dépose sa griffe, son goût pour les joutes verbales drôles et graves, les mots assassins, les règlements de compte.

  • Comédie-Française | Paris
    24 mai > 02 juil. 2017