Mourir tendre

Guy Régis Jr

Mourir tendre

Et si, et s’il n’y avait que moi ton âme ton amour. Dans cette ville. Dans ce pays. Sur toute la terre. Dis, et si tout devenait vide et que j’étais le vide et toi dedans. Dans moi. Dedans. Dedans moi, un vide qui se remplit de toi. La fin et moi, la fin et toi dedans. Que moi, oui que moi. Et que les autres ne soient que de gros nuages, de gros nuages agités dans une grosse casserole de ciel ensoleillé. Et que les autres ne soient qu’à brûler de nos effluves, nos ardeurs. De nos feux. De nos feux Alexandre.

 

Lorsqu’une éclipse survient plongeant tout le pays dans une obscurité que l’on croit devoir durer cent ans, Perpétue poursuit dans la tourmente et sous le sceau de l’ignominie son irrémédiable errance. Pourchassée par une meute d’hommes et de bêtes, elle appelle de ses vœux Alexandre, celui qui peut-être saura la sauver, la combler de son amour et lui redonner sa dignité de femme. Pour l’heure, elle doit fuir sous les yeux d’un chœur de spectres intrigués mais insensibles à sa douleur et qui se contentent de commenter la catastrophe, ne gardant de sa plainte, de son cri, que le ton de leur funeste récit.

Dans une longue mélopée, tentative d’épuisement du réel en un chant théâtral poétique et sacré, Guy Régis Jr fait entendre un chœur de voix plurielles prenant notre place à tous, pour dicter, questionner l’humaine condition.

 

Guy Régis Jr est un des dramaturges les plus originaux de la scène théâtrale contemporaine. Il est le fondateur de Nous Théâtre, compagnie de théâtre contemporain haïtien, radicale dans ses propositions esthétiques. Créateur assidûment présent au monde, voix hybride chambardant les cadres, il est également romancier, poète, acteur et vidéaste.

 

La critique :

« Le théâtre est mon rêve d’homme »

Le titre d’une œuvre est comme une clef d’or qui nous ouvre les portes d’un lieu mystérieux. Guy Régis Jr plus que tout autre auteur nous invite à une lecture où l’incertitude syntaxique dit déjà le monde autrement. Il ne s’agit pas d’exotisme haïtien, créole, mais d’une vision poétique nouvelle...

Marie du Crest - La cause Littéraire, 16/05/2013

 

Expirer de la vie !

« Mourir tendre », un titre relevant presque d’une litote, et laissant apparaître en filigrane, la structure syntaxique incertaine d’un texte qui parcourt le monde autrement, tout en suivant les chemins complexes de la tragédie grecque.

Perpétue, Des Gens, Un D’entre Eux, Une meute De Chiens, Un Enfant De Douze Ans, les personnages ne sont pas nommés précisément sauf celui de Perpétue, une voix, la voix humaine qui traverse la tragédie comme ces tondus, échappés ou chassés à qui l’ouvrage est dédié. Fendant un ciel céruléen, Perpétue est en exil, en errance, traquée par une meute de chiens qui finira ce que l’homme ne peut accomplir ! ...

Bruno Deslot - Un Fauteuil pour l'Orchestre, 11/12/2013

Aide(s) à la publication

Avec l'aide du Centre National du Livre.

13,00 € TTC

  • ISBN : 978-2-84681-382-2
  • Date de parution : 05-05-2013
  • Nombre de pages : 96 pages
  • Collection : Bleue