Agar-des-cimetières
Brahim El Hanaï
Un homme, une femme parlent de théâtre. De celui qui naîtrait de l'évidence et de l'ineffable. De la danse des marabouts, des chants, de la mer et de la couleur blanche... Peu à peu, une histoire se constitue. Celle d'Agar, figure emblématique de la paria. Celle qu'une société rejette, parce qu'elle a en elle ce lien avec le passé, avec les marabouts, avec l'indicible, avec les mystères et surtout parce qu'elle a conservé ce rire.
Elle trouve refuge au jardin des morts (le cimetière), auprès du fossoyeur Ismaël. Ensemble, ils révéleront à tout un peuple l'histoire réinventée de Babel...
Le feu est partout. Dans la colère d'une jeune fille que la ville renie. Dans le génocide d'un pays que les pluies coléreuses réveillent chaque jour à l'aube. Le feu est partout ; jusqu'aux cahiers d'écoliers que les flammes viennent lécher. Le feu est là; regarde. Il atteint la vague indifférente. Et la mer prend peur. Nuitamment, sous le manteau de la honte, les vagues viennent se réfugier dans le sable complice. La peur est là. (...)
Brahim El Hanai est né près de Marrakech en 1951. A côté d'un parcours d'enseignant de français et de dramaturgie, il s'est toujours engagé dans le théâtre comme metteur en scène (Une femme nommée Zuandisha, 1983 ; Chant du cygne, 1994 ; Zuaraguoche, 1994), scénariste (entre autres, Chant de poupée, 1994, en français et en arabe), journaliste et auteur de théâtre (Le balayeur, 1983 ; C'est arrivé à Babel, 1995 ; De ce qui est arrivé à Ibn Zabiba, 1996). Il écrit en arabe, en français et en arabe dialectal.

