François Bon

Pour Koltès
 

Je l'ai croisé une seule fois, mais nous avions parlé longtemps. C'était juste avant qu'il disparaisse, en 1989. Le visage de Bernard-Marie Koltès, l'intensité de son regard, m'ont toujours accompagné depuis. C'est dans cette voix et ce regard que, depuis, je lis et relis ses textes. Ce qui est étrange, c'est comment, à distance, on perçoit autrement : on s'attache à un détail, à une phrase, une image. Cela vous hante, parce qu'on y découvre, même si longtemps après, des indications formelles vitales. Parce que cela se veut d'abord théâtre, exige le corps, la bouche et les lumières, c'est une manière unique de rythme, une torsion autre de la syntaxe, un déport dans le choix des objets nommés, qui ont ajouté à notre langue. Une énigme, à la pointe de l'oeuvre de Koltès, nous indique ce qui est aujourd'hui, pour l'exercice de la littérature, simplement nécessaire. Examiner cela, au microscope s'il faut c'est plus qu'un hommage, c'est honorer une dette.


Collection Essais
80 pages - prix : 8.99 €
Date de parution : Février 2000
ISBN 2-912464-59-5


Commander cet ouvrage
Version imprimable
Consultez la biographie de cet auteur
Voir les autres ouvrages de cet auteur


  © copyright 2005 - Éditions Les Solitaires Intempestifs - contactez-nous - 00 33 (0)3 81 81 00 22