| Et je donnais des coups de pied dans les murs, je renversais les chaises, je me perdais dans les champs et ma mère organisait des expéditions, commandées par mon frère Jesús, pour qu'on me retrouve. Alors ils ont décidé, du jour au lendemain, que j'étais fou, et cette idée me faisait rire, tant elle était simple, simplificatrice. Si ç'avait été de la folie, le tourment n'aurait pas été aussi grand. J'aimerais vous expliquer ce que je ressentais: je fermais les yeux et c'était comme si je naviguais, agité, sur une mer absolument plate, calme... Pourquoi ne peut-on trouver le calme sur une telle mer ?
Andres Caïcedo, né en 1951, mort en 1977, est un cas unique dans la culture colombienne : à 25 ans, il réalise une œuvre de grande envergure, qui devient la référence obligée pour pénétrer l'univers de toute une génération. Très jeune, il écrit des contes et des nouvelles, puis à l'âge de quatorze ans il découvre les possibilités expressives du théâtre et se dédie à la mise en scène. En mettant fin à ses jours, Andres Caïcedo est devenu un mythe particulier pour une nouvelle génération de lecteurs en Amérique latine. Sa narration est une combinaison fascinante : humour, tragédie, hommage à une ville, manifeste d'une génération.
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